Google est la cible d’une plainte de la part de sept associations de consommateurs européennes concernant la géolocalisation des utilisateurs via leur smartphone.

La géolocalisation sur les smartphones permet-elle d’améliorer « l’expérience » des utilisateurs ? C’est l’argument avancé par Google accusé d’avoir recours à « des informations et un design trompeurs » et de pratiquer la « filature secrète » des usagers par sept associations européennes de consommateurs qui ont déposé plainte en Norvège, en Suède, aux Pays-Bas, en Pologne, en Grèce, en République Tchèque et en Slovénie

Ces plaintes font suite à une étude menée par l’association norvégienne de consommateurs qui conclue que le géant du web aurait recours à des « techniques de manipulation » lui permettant « d’espionner » ses utilisateurs. Ce que bien sûr il conteste.

Si la géolocalisation peut être verrouillée, plus ou moins facilement selon les smartphones et les applications, les utilisateurs la laisse le plus souvent activée en permanence, par méconnaissance ou par facilité sans savoir que ces données peuvent être, et sont, enregistrées. Or, de ces données qui peuvent sembler anodines on peut déduire des informations sensibles telles que les pratiques religieuses ou les affinités politiques d’une personne. Des données qui relèvent de la vie privée et dont le traitement sans fondement juridique enfreint le RGPD.

Nombreux services proposés sur les Smartphones ne peuvent se concrétiser sans géolocalisation tels que faire appel à un VTC, trouver une station-service ou un restaurant. Le RGPD n’a pas pour objectif de limiter la collecte et l’utilisation des données mais de leur permettre de le faire dans un cadre qui garantit la sécurité des données et protègent les droits des personnes.

Les fonctionnalités ayant recours à la géolocalisation ne sont pas interdites et peuvent être utilisées encore faut-il que la durée de stockage et l’utilisation faite des données soient conformes à la législation, que l’usager en soit informé et qu’il y consente. Des exigences dont ne peuvent s’affranchir les entreprises qui veulent maintenir une relation de confiance avec leurs clients et leurs parties prenantes. Sans oublier les risques de sanction associées au RGPD.

L’enquête demandée par les associations devrait permettre de déterminer si les informations communiquées aux usagers et le design utilisé par Google sont conformes aux exigences du RGPD et respectent leurs droits et notamment leur droit à la vie privée. Si les allégations sont confirmées, Google encourrait des sanctions que les associations demandent « dissuasives ».